Été, te voici en place depuis presque 1 mois, le moment est donc idéal pour remettre les compteurs à 0 sur la connaissance du rosé.
J’entends tellement que le rosé n’est pas du vin, que les raisins utilisés sont de mauvaise qualité et j’en passe.
Sans oublier le fameux : « Le rosé est issu d’un mélange de vin blanc avec du vin rouge ».
Seule la région Champagne peut procéder ainsi (entre autres) pour la vinification d’un champagne rosé, mais pour un vin rosé tranquille (sec) on pousse le bouchon plus loin Maurice !
La couleur du vin provient de pigments appelés « anthocyanes » présentes dans la pellicule du raisin (peau), on y trouvera également les tannins.
Le concept de vinification d’un vin rouge est de faire macérer la peau dans la pulpe du raisin pour lui donner sa couleur finale.
On produit du rosé partout en France, la région Provence n’a donc pas le monopole et heureusement, car ce serait bien dommage de louper un Sancerre rosé, un Marsannay rosé, un Tavel ou encore un Pic Saint-Loup rosé. On trouve également des superbes rosés en IGP ou Vin de France.
La qualité d’un rosé commence dans le vignoble, sur la sélection des cépages, sur la vendange qui sera préférable de nuit, dans un environnement plus frais, afin de préserver la fraîcheur du raisin, stabiliser les agents colorants, les arômes fruités et éviter une oxydation précoce.
Pour vinifier du rosé, il existe 2 types d’élaborations :
Une fois les vendanges réalisées les baies seront :
Égrappées (si vendanges manuelles) : action de séparer les baies de la grappe.
Foulées : les baies sont éclatées et libèrent de la pulpe le jus de raisin. La peau, la pupe, les pépins et la peau forment « le moût » qui sera mis en
Macération : dans une cuve à macérer sur une courte période en fonction de l’intensité de couleur souhaitée pour le vin. (peau + jus = couleur)
Dans certaines régions, on peut également procéder au rosé de saignée. Le but étant de soutirer un % du moût obtenu pendant la macération pour continuer la vinification en rosé et le reste en vin rouge. Ce procédé permet de conserver toute la finesse du jus.
Pressurage : une fois la couleur désirée atteinte, le moût sera pressé franchement, mais délicatement pour séparer la partie solide (peaux et pépins) du jus.
Le moût peut enfin commencer sa fermentation alcoolique à basse température pour conserver les arômes fruités du vin et la vinification suit son cours jusqu’à la mise en bouteille.
Il en ressort un rosé plus coloré, plus structuré, plus fort en alcool.
Il consiste à presser directement les baies ou les grappes sans macération préalable.
Le pressurage sera doux, lent pour laisser aux peaux le temps de colorer légèrement le moût.
Le moût commencera ensuite sa fermentation alcoolique.
Il en ressort un rosé plus clair sur la fraîcheur et le fruit.
La vinification d’un rosé est aussi délicate qu’un vin rouge ou blanc.
Pour nous consommateurs le choix de notre rosé dépendra avant tout de nos goûts personnels et de l’occasion de sa consommation.
Allons-nous boire un rosé dans le cadre d’un apéritif ou lors d’un repas ?
Sans oublier qu’on peut largement se faire plaisir pour moins de 10€.
Et vous, quel est votre rosé préféré ?
Sandrine Chanéac
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.